Sunday, June 2, 2013

Séjour en Palestine 3 : occupation du territoire

L'organisation Karama, qui travaille avec les enfants dans les camps de réfugiés, m'a invitée à faire un tour d'Hebron. La ville où la tension est la plus forte en Cisjordanie en ce moment. Ils avaient déjà un tour prévu pour 3 jeunes de Singapour et ils m'ont invitée à me joindre à eux. Évidemment, j'ai accepté avec plaisir! 

Mon ami Jean-François Saint-Gelais m'avait d'ailleurs conseillé d'y faire une visite, mais m'avait bien averti de ne pas y aller seule. 

Alors je me suis jointe au groupe et nous avons quitté Bethlehem aux petites heures. 

En chemin vers Hebron, le guide, qui était bachelier en politique internationale (il avait même fait un an dans une université en Finlande), nous a fait une introduction sur la situation et sur les conflits entourant la question de  l'occupation du territoire Cisjordanien. 

"Israël est en train de mettre en branle un projet de colonisation qu'ils appellent l'objectif 2020. Ils souhaitent mettre en place des colonies tout autour de Jérusalem, du côté cisjordanien, pour s'approprier d'avantage de territoire...  Évidemment, tout cela est illégal, mais personne ne dit quoi que ce soit... Encore une fois. Et si des palestiniens résistent et se battent, ils les tuent ou les traitent de terroristes."
Je sais que j'ai déjà placé cette image, mais je vous explique... Voici les colonies autour de Jérusalem. Tout ce qui est rouge (ou bourgogne) est sous contrôle israélien. Ce qui est en jaune, est sous contrôle palestinien. La ligne verte â gauche est la séparation officielle des 2 territoires. La ligne rouge, c'est le mur de séparation... qui fait le tour des colonies, dans le territoire palestinien.


Selon la loi internationale, un peuple occupé à le droit de se défendre. Mais en Palestine, on ne leur permet pas... Ils sont étiquetés comme étant des "terroristes". Pourquoi? Peut-être en raison de l'emprise et du contrôle exercé par Israël et par la diaspora juive à l'échelle planétaire? Enfin... Revenons à l'établissement des colonies. 

Colonisation
Un peu partout sur le territoire palestinien, se développent des villages de colons juifs. Selon des données de l'ONU, il y avait, en 2009, plus de 250 colonies placées de façon très stratégiques sur le territoire palestinien. Ce nombre doit être beaucoup plus grand aujourd'hui, mais je n'ai pas trouvé de données récentes. Cette colonisation est évidemment illégale en vertue de la loi internationale. Malgré les nombreuses demandes de l'ONU de cesser la colonisation, Israel continu impunément â occuper le territoire. 

Comme il n'ont pas le droit officiellement d'acheter des parcelles de terre en Cisjordanie, ils ont développé une judicieuse stratégie. 
Typique colonie juive. Juchées sur une colline les maisons ont généralement des toits rouges. 


D'abord, ils installent des campements temporaires dans des conteneurs ou des genre de maisons mobiles. Puis, ils occupent cet emplacement durant un certain temps. Comme il ne s'agit pas d'une construction, ils ne violent pas la loi. Puis, ils mettent en place l'infrastructure routière autour du "campement". Ensuite, ils se mettent à construire tout autour et par dessus le conteneur. Une fois la construction terminée, ils retirent le conteneur qui est toujours à l'intérieur et procèdent à la finition de la maison.  Et hop! Le tour est joué! 
Ici, on voit bien comment ils fonctionnent. Â droite, on voit les conteneurs et â gauche, ils ont commencé â construire par dessus.


Il y en a partout sur le territoire. Si on regarde sur Google map, c'est incroyable. À peu près tous les sommets des collines de la Cisjordanie ont leur colonie... Installée ou en construction. Les villes palestiniennes étant traditionnellement implantées dans les vallées, les colons s'installent sur le haut des collines pour imposer leur autorité. 
Exemple de colonie sur Google maps. On les reconnait à leur toit rouge et à l'organisation de l'espace et des routes. 


Durant le tour, nous sommes allés visiter un petit village palestinien entre Bethlehem et Hebron. Il est entouré de colonies. Il est maintenant sous contrôle palestinien. Les gens du village n'ont ni le droit de construire de nouvelles habitations, ni d'agrandir des infrastructures existantes. S'ils le font ils reçoivent d'abord un avertissement d'obligation d'arrêt et s'ils poursuivent, les autorités israéliennes viennent détruire la maison. Comme ça. Tout bonnement. Rappelons qu'ils sont censés être chez eux... 

Mais personne ne dit rien. 

Hebron 

Située au Sud de la Cisjordanie, la ville d’Hébron, considérée comme la plus grande agglomération palestinienne (environ 600 000 selon mon guide), est confrontée à la présence de colons en plein centre ville. En fait, toujours selon mon guide, il y aurait seulement 5 édifices juifs au coeur d'Hebron abritant environ 400-500 colons. Mais l'État d'Israel a installé des bases militaires et environ 5000 soldats pour protéger la colonie! 

À Hébron, on voit rarement un colon se balader seul. Il est généralement accompagné de quelques soldats. 
Un accord particulier, signé en 1997 à Oslo, a permis à l’armée israélienne de maintenir sous contrôle militaire 20% de la ville, les 80% restant étant placés sous administration palestinienne. 

Certaines rues et zones du centre d'Hebron sont ainsi fermées aux Palestiniens. Interdiction d'y circuler. Il y a des check points partout. Des centaines de boutiques ont d'ailleurs été forcées de fermeture car elles étaient située dans la zone israélienne.

Les conditions de vie des Palestiniens dans cette partie de la ville sont très difficiles. Les colons, qui bénéficient d’une grande impunité, y sont particulièrement agressifs. 
Souk (marché) de Hebron avec le grillage pour protéger les passants.

Par exemple, un grillage a dû être installé au dessus du souk (marché public) pour protéger les passants des déchets que les colons lancent par la fenêtre de leur appartement. Sur la photo, on constate qu'ils ont même jeté un bloc de béton sur le souk qui a failli passer à travers le grillage.
Le bloc de béton traverse presque le grillage...

À noter que les colons qui vivent à Hebron ne travaillent pas. Leur "job" est de coloniser. D'assurer une présence israélienne â Hebron. Ils sont payés par le gouvernement pour être là. Ils reçoivent un montant par enfant... Donc plus ils font d'enfants, plus ils sont riches!

Cette situation est complètement aberrante. Mais, encore une fois, personne ne fait rien.
 
 Le lieu Saint
La présence de colons â Hebron n'est pas étrangère au fait qu'on y retrouve le second lieu Saint de la religion juive: Le tombeau des patriarches. Il s'agit également d'un important lieu saint pour les musulmans. Le site est divisé en 2. Environ le 2\3 est une synagogue et 1\3 est une mosquée.

D’après la tradition, ce monument abriterait les sépultures des trois patriarches Abraham, Isaac, Jacob ainsi que de leurs épouses Sarah, Rebecca et Léa. 

Attentats
Cet important site religieux a été le théâtre de nombreux attentats au cours de l'histoire récente. En août 1929, 67 Juifs sont tués par des civils et des policiers arabes lors d'une émeute. En 1968, une grenade fut lancée sur des Juifs en prière, faisant 47 blessés et causant des dégâts irréparables sur le bâtiment. 

Puis, en février 1994, Baruch Goldstein, un Juif fondamentaliste originaire des États-Unis, tua 29 musulmans qui priaient dans la mosquée. Ce crime déclencha des émeutes, à Hébron et dans tous les territoires occupés, qui firent de nombreuses victimes.

En novembre 2002, douze Israéliens, dont neuf soldats accompagnant des colons revenant de leur prière au caveau des Patriarches, sont tués dans une embuscade, et une quinzaine de personnes sont blessées. (Source: Wikipedia)
Voilà pourquoi il faut traverser 3 check points pour entrer dans la mosquée d'Hebron...

Criminalité
Comme si la tension n'était pas déjà assez lourde, on retrouve également un très haut taux de criminalité à Hebron et la ville a son lot de problèmes de drogues et de "gang" organisées - Selon mon guide, les criminels y seraient même protégés pas la sécurité israélienne qui encourageraient leur présence ici pour alimenter la mauvaise image des palestiniens. Je ne sais pas si ce fait est fondé.

Saturday, June 1, 2013

Séjour en Palestine 2 : vivre dans un camp de réfugiés

Durant mon séjour dans la région sud de la Cisjordanie, j'ai habité dans le camp de réfugiés de Dheisheh, près de Bethlehem. 
J'habitais chez la tante du coordonnateur d'une petite organisation qui travaille auprès des enfants et des femmes du camp. Ils étaient tous incroyablement gentils. La tante, Fatma, avait trois charmants enfants qui parlaient assez bien l'anglais. Ce qui me facilitait grandement la tâche pour communiquer! 
Tamar, 9 ans. Pleine de vie!
Leuh, 10 ans. Une jeune fille très intelligente. Une première de classe. Qui joue également du piano. 

Mon séjour au camp n'était pas prévu et pourtant j'y suis restée près de 3 jours. Fatma était très généreuse. Elle m'a nourri, m'a logé dans la chambre des enfants et m'a prêté un pyjama pour dormir et un t-shirt pour le lendemain. Tout ça totalement gratuitement. N'espérant rien en retour. C'est le côté culturellement et traditionnellement accueillant des Palestiniens.
Ma chambre! En fait la chambre des enfants... Avec le clavier de Leuh. 

Je n'avais rien sur moi. Uniquement ma petite sacoche de jour avec mon passeport, mon téléphone et ma caméra. Heureusement prévoyante (un minimum tout de même!) J'y avait glissé une paire de bobettes, au cas! Ça a bien fait! ;-)

J'y suis resté parce que, étrangement, je m'y sentais terriblement bien. Même si, au début, j'avais parfois un peu peur d'être là... à cause de la situation politique et économique, à cause de ce qu'on dit, à cause de ce qu'on voit... 

Je me sentais en confiance avec Fatma et ses enfants, mais quand de cousins, oncles, neveux... bref des hommes entraient dans la maison, je sentais une petite inquiétude, une petite peur... peur qu'on me vole, peur de la violence... Mais une fois que j'ai pris le temps de leur parler, la peur s'est dissipée.

Ils étaient tous super cool, éduqués, intéressants à discuter. Du vrai bon monde...

J'ai ensuite eu terriblement honte d'avoir douté. 

Je suis restée au camp de Dheisheh pour ce contact humain, pour le côté profondément authentique  et vrai de ces gens qui mordent dans la vie à pleines dents. Malgré leur situation de réfugiés, et maintenant de "prisonniers" du mur et de l'emprise israélienne, ils traversent la vie avec une telle vivacité. Ils semblent véritablement heureux malgré tout. Les enfants sont incroyablement rafraîchissant et réconfortants par leurs rires, leurs jeux, leurs câlins. 

Un incursion au coeur des vraies valeurs. J'ai un peu peur de mon retour. J'ai peur de trouver ma vie â Chicoutimi un peu superficielle et futile... Mais bon... Je devrais m'en remettre! ;-)

Dheisheh
Au camps de réfugiés de Dheisheh. Il y a environ 16 000 réfugiés qui ont dû fuir de 41 villes et villages en 1948 (lors de la création de l'État d'Israel) et en 1967 (lors de la guerre de 6 jours). 

Camps de réfugiés palestiniens
En fait, lors de la création d'Israel, tous les palestiniens qui habitaient sur ces terres (entre 700 000 et 900 000 personnes) ont dû quitter leur terres ancestrales, leurs maisons, leurs villages pour être placés dans des camps sur des terres louées par l'ONU du côté cisjordanien... Question de faire de la place aux juifs qui venaient s'installer dans le nouveau pays. 

Il y a, en Palestine, 7,2 millions de réfugiés qui vivent dans des quartiers ultra tassés, avec peu de services publics. Tout est contrôlé par les Israéliens : L'approvisionnement en eau, en électricité, en gaz. Ils n'ont pas l'autorisation d'importer directement des biens et services. Ils doivent systématiquement passer par Israel pour tous leurs achats. Selon les statistiques de l'ONU, il y a actuellement 58 camps de réfugiés en Palestine. 

Lors de leur création, en 1948, les camps n'étaient, évidemment, pas conçus pour durer aussi longtemps... Les fondations des maisons ont donc été construites pour supporter une maison d'un seul étage. Au cours des 60 dernières années, la population a grandit et les gens ont été contraints de construire en hauteur étant donné l'étroitesse du territoire du camps. Ce qui fait que les maisons ne sont vraiment pas solides. S'il y a un tremblement de terre un de ces jours, tout va s'effondrer.

Encore une fois, la loi internationale condamne cette situation. Mais dans les faits, rien ne change. En fait, Israel ne considère même pas qu'il y a des camps de réfugiés en Palestine.

Friday, May 31, 2013

Séjour en Palestine 1 - le mur de l'apartheid

La première image que l'on voit lorsqu'on   arrive à Bethléem, c'est le mur. Pour citer Guy Delisle dans la BD "chroniques de Jérusalem" (à lire!) :
  Les touristes arrivent à Bethlehem avec cette image-ci dans la tête :
... et repartent avec celle-ci :

C'est absolument aberrant. Et personne ne dit ni ne fait rien.

Le mur
"Pour des raisons de sécurité", Israel construit un mur de béton de 8-12 mètres de hauteur sur environ 700 km de longueur autour de la Palestine (appelée West-Bank ici, puisqu'ils ne considèrent pas que la Palestine existe). À chaque 300 mètres environ, on retrouve des tours de tir "sniper" avec une vigile armée à l'intérieur. 

Le mur de séparation emprisonne les Palestiniens dans leur propre pays. Avec une carte d'identité palestinienne, tu n'as pas le droit de passer de l'autre côté du mur, à moins d'une permission spéciale. Les seuls qui peuvent se déplacer librement sont les citoyens de Jérusalem ou ceux qui ont une double nationalité, donc un passeport étranger. S'ils veulent sortir du pays, ces derniers pourrons passer par la Jordanie pour prendre un vol à partir de Amman. 

Check-point
Il sont littéralement emprisonnés chez eux. Pour passer de l'autre côté, il faut traverser des "check-point" militaires. C'est 100 fois pire qu'un poste frontalier... à l'intérieur même du pays. Il faut évidemment passer la sécurité (et être traité comme des chiens, même les touristes individuels (pas ceux en groupe organisé par des Tours israéliens) y passent). 
Check-point de Bethlehem

Dans mon cas, ne comprenant pas trop comment faire, je suis restée coincée dans la porte pivotante en métal. Le haut parleur au-dessus de ma tête s'est mis à crier "hey, hey you! What's your problem!" et à faire des bruits de sirène super fort à 4 pouces de ma tête. Puis j'ai entendu rire et la porte s'est enclenchée. J'ai pu passer. À ce jour, je ne sais pas si c'est vraiment moi qui ne savais pas comment faire, ou s'il l'ont fait exprès pour me bloquer à l'intérieur... Juste pour m'écoeurer. Je prends l'option 2...

En sortant du check-point, je me sentais humiliée... Et je pensais à ces gens qui, chez-eux, sont contraints de se taper le check-point quotidiennement pour aller travailler ou aller voir de la famille. J'étais bouleversée.

Il y a en Palestine, 93 check points militaires et 533 postes militaires routiers entre les villes palestiniennes (source: Alternative Tourist group). Il faut parfois attendre des heures avant de pouvoir passer... Et ils peuvent décider de simplement fermer le check-point... Tu passeras une autre fois.

Selon Amnistie internationale, entre 2000 et 2006, 112 personnes ont été tuées à des check-points et 69 femmes ont donné naissance en attendant. 5 sont mortes et 35 bébés sont mort-nés. Mais ces statistiques sont vieilles... ça a probablement doublé depuis. 

...Et la communauté internationale reste muette.

Éroder le territoire
En plus de priver les gens de libre circulation, le mur se construit également de façon à séparer les gens à l'intérieur même de ses limites. Selon l'UNRWA (mission des nations unies qui travailleauprès  des réfugiés en Palestine) 80% du tracé du mur est effectué à l'intérieur du territoire Palestinien et en gruge de bonnes parties (J'en parlerai plus dans un prochain texte sur la colonisation). 

Le mur passe donc en plein coeur de certaines communauté et leur coupe carrément l'accès à leurs terres cultivables. Dans d'autres cas, il passe au centre d'une municipalité et la sépare en deux. Donc, si ta famille habitait dans le quartier voisin, à 5 minutes de chez vous, ça peut prendre des heures pour contourner le mur afin d'aller leur rendre visite. Il y a même des maisons qui sont carrément entourées par le mur... 

En arrivant à Bethlehem, j'ai rencontré une famille qui était dans cette situation là. Leurs fenêtres n'ont plus qu'une vue sur le mur, sur 3 côtés de la maison. Le reste de la famille habite juste en face... de l'autre côté du mur.

Ainsi, le mur est en train, subtilement, de gruger 47% du territoire palestinien, incluant Jérusalem-Est.

... Et personne ne fait rien.

Le musée du mur (Wall museum)
Sur le mur de Bethlehem, en plus des tonnes de grafitis que l'on y retrouve, un groupe de femmes à décidé d'apposer d'énormes bannières évoquant des faits vécus dans ce contexte d'invasion militaire. Elles appellent ça le Wall museum. 
De cette manière, elles espèrent sensibiliser les gens à leur situation et à leur cause, car elle garde espoir. Elles sont convaincues que le mur sera retiré... Grâce à la pression internationale.

La loi internationale condamne le mur. Selon la cour internationale de justice, Israel serait dans l'obligation de retirer le mur et de réparer les dommages causés par celui-ci. Cette sentence date de 2004... 

Personne ne fait rien. Au contraire, la communauté internationale -dont le Canada-, à travers son aide militaire à Israel, aide plutôt à financer le mur.

En ne disant rien, en ne faisant rien, nous endossons cette réalité et contribuons, nous aussi, au mur de l'apartheid. 

Tuesday, May 28, 2013

4000 ans d'histoire... En quelques lignes

Jérusalem est fascinante.
Ironie du destin: Jérusalem (Yeroushalayim) signifie en hébreu "ville de paix", et pourtant elle n'a cessée d'être détruite et reconstruite avec ses propres pierres au cours de ses quelques 4000 ans d'histoire. 

Ce qui est impressionnant lorsqu'on se balade dans la vieille ville, c'est de constater l'histoire qu'ont connue les pierres des petites rues sur lesquelles nous marchons! 
Scène du marché (souk) de la vieille ville. Remarquer les pierres de la rue. 

Mais pourquoi a-t-elle été si convoitée? Elle n'a ni or, ni pétrole. Aucun fleuve ne la dessert, ni de route commerciale ancienne ne la traverse. Et pourtant elle fut longtemps considérée comme le nombril du monde. Est-ce simplement par qu'elle est considérée la ville "Sainte" par les trois grandes religions monothéistes?

Voici donc une petite leçon d'histoire pour les "ignares" qui, comme moi, ne connaissent pas trop leur histoire sainte... ;-)

Fondation : Dieu
Tout aurait commencé quand Dieu aurait demandé à Abraham de tuer son fils Isaac sur le mont Moryah à Jérusalem en 2000 avant JC. Cependant, il faudra attendre l'an 1000 avant JC pour que le roi David  élise Jérusalem comme étant la capitale du royaume uni d'Israel, le centre religieux du peuple juif. 

Donc... les juifs étaient là en "premier"... (J'essaie de comprendre l'histoire, là...)  

C'est son fils, Salomon, qui construisit le premier temple sur le mont Moryah... (À l'endroit où se trouve l'actuel esplanade des mosquées et le Dôme of the rock; voir photos plus bas)
Puis, Nabuchodonor, roi des babyloniens (d'Irak) détruisit le premier temple. Les juifs en construisirent un deuxième sur le même site (en -550 AC). 

Puis vint le tour des Grecs, des égyptiens et des syriens de prendre la ville. Ensuite les juifs reprennent la ville en -164 et consacrent à nouveau le temple.

La paix enfin? non.

En -63 c'est au tour des romains de s'emparer de la cité... Puis vint Jésus et l'histoire que l'on connaît. (Mais Jésus ne serait venu que 5 fois à Jérusalem... Voulez vous bien me dire comment ils savent ça? Enfin...) Mais il y meurt crucifié un vendredi 13 avril, de l'an 33...

Puis, une nouvelle guerre chasse les juifs de Jérusalem qui commencent à se disperser dans le bassin méditerranéen. C'est le début de la diaspora juive. 

Au 4e siècle, les romains -alors chrétiens- reprennent Jérusalem pour y retrouver les lieux de la passion du christ. Ils y bâtissent alors la basilique du Saint-Sépulcre. Là où je suis allée... ;-)
Enfin, à partir du 7e siècle, l'empire Byzantin (islamiste) s'installe et chasse les chrétiens. Ils y cronstruisent le Dôme du rocher à l'emplacement même de l'ancien temple de Salomon (un peu baveux quand même... Mais c'est magnifique!)


Puis vint l'époque des croisades où les européens, pour libérer Jérusalem de l'occupation musulmane, massacrent la presque totalité des 40 000 habitants, juifs et musulmans, de la ville.

Pas trop étourdis? Je continue.

La plus importante ère de conquête fût ensuite celle des Turc, l'empire Ottoman (1517-1917). Soliman le magnifique refit construire les muraille de l'actuelle vieille ville en 1537. Ainsi, dans l'histoire "récente", ce sont les musulmans qui occupaient le territoire. 

Il faut attendre l'arrivé du sionisme, à la fin du 19e siècle pour voir la ville retrouver une certaine prospérité. Des juifs du monde entier retournent à Jérusalem. 

En 1917, les turcs abandonnent Jérusalem aux Britanniques après de rudes combats. La société des nations confie alors le mandat de la Palestine à la Grande Bretagne.
S'ensuit évidemment de violents affrontements entre Juifs et Arabes. 

En 1948, L'Angleterre se retire et l'ONU adopte une résolution prévoyant le partage de la Palestine en 2 territoires, l'un juif, l'autre arabe. Ce que les Arabes rejettent en bloc.

Au lendemain, la guerre éclate... Inutile de dire que ce n'est toujours pas réglé... et on peut quand même comprendre un peu pourquoi... Peu d'endroits peuvent se vanter d'avoir un passé aussi complexe!

J'ai bien aimé lire sur l'histoire et parcourir la vieille ville avec ces données là en tête afin de bien m'en imprégner avant d'entrer en territoire occupé et de franchir le fameux mur. 

C'est pourquoi je vous en ai fait un -très bref- résumé... afin que vous soyez un peu sur la même longueur d'ondes que moi lorsque viendra le temps de réfléchir sur la situation actuelle.

Je poursuivrai donc, dans les prochains textes, à vous relater mes rencontres et aventures en y insérant des données sur la situation actuelle... 

Merci à ceux qui prennent le temps de me lire! J'espère ne pas trop vous ennuyer! ;-) 

Prochainement dans ce blog : Bethlehem, le mur, la Palestine (territoires occupés), Ramallah, Mer morte, et autres surprises! ;-)

Vivre à Jérusalem: de Mea She'arim au quartier chrétien

 Après avoir passé une première nuit à Jérusalem dans une maison située à Mea She'arim, le quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem, je me trouve actuellement dans un charmant petit appartement situé au coeur du quartier chrétien de la vieille ville, chez une jeune Australienne qui travaille pour la mission de l'ONU en Palestine. Génial! Je vous ai dit à quel point j'aimais le "couchsurfing"? ;-)

Cela dit, la jeune fille qui m'accueillait à Mea She'arim n'était pas pratiquante... Originaire de cet endroit, elle vit actuellement en Indiana au États-Unis. Elle y était installée pour passer l'été dans sa famille. C'était assez impressionnant d'être là-bas... comme un énorme Outremont... peuplé entièrement de "boudins". Désolée, je n'ai pas osé prendre de photos... par respect.

Cependant, d'être installée dans ce monde si rigide en compagnie d'une jeune "moderne" et décontractée, c'était vraiment chouette. Nous sommes allées manger dans un bon resto, suivi d'une bière dans un pub irlandais (!) et d'un drink (genre de Mojito menthe-citron avec un alcool que je ne connais pas) dans un petit bar "undergroud" en plein coeur du marché public du nouveau Jérusalem. Haha! Je ne m'attendais pas à ça en "ville sainte"! Enfin...
Avec Keren, au resto de Hummous
Bière israélienne. La Goldstar

En revanche, c'est une toute autre ambiance chez Anita, l'Australienne. Nous avons plutôt causé de sujets beaucoup plus sérieux, mais drôlement intéressants! Elle est vraiment sympathique... et me permet de rester chez elle aussi longtemps que je le désire! Yé! Elle m'en apprend beaucoup sur la situation en Palestine. Une vraie perle rare!

Et c'est vraiment cool d'avoir un petit appart au coeur de la vieille ville! Il y a des cloches qui sonnent à tout moment. Fait étrange, ici on entend on entend pas du tout le muezzin... Que les cloches! ;-)
La porte de l'appart au fond d'une cour intérieure dans le quartier chrétien

Cependant, Anita travaille de 7h30 à 19h... Je crois que je vais donc en profiter pour faire des "day trip" dans les villes palestiniennes des alentours comme Bethlehem et Hebron, et revenir dormir dans la chaumière de Anita afin de discuter de ce que j'aurai vu. Ça me semble être un plan parfait! 

Samedi je suis attendue à Ramallah. Je crois bien que je vais donc rester un peu dans le coin de Jérusalem d'ici là... ;-)

Note: En passant, on appelle le réseau Couch surfing (surfer sur des divans), mais honnêtement, je n'ai pas encore dormi sur un divan! On m'a toujours offert un lit! ;-)

Ça y est. Je suis allée voir Jésus

Aujourd'hui j'ai été en contact avec Jésus. Le vrai. J'ai marché sur la pierre ou il a été crucifié. J'ai touché à la croix. Je suis entrée dans son tombeau et j'ai touché à sa tombe. 
Le tombeau du crist
Sa tombe a l'intérieur
Des croix disponibles que l'on peut emprunter si on désire suivre le trajet des stations de Jésus avec une croix sur le dos... Désolée je ne me suis pas prêtée au jeu... ;)

Toute l'histoire religieuse qui a marqué notre enfance de petit québécois à refait surface. Tous ces cantiques que nous avons appris se matérialisaient. 
Je ne suis certes pas religieuse, vous le savez, mais c'est tout de même impressionnant. J'étais fascinée! 
Ceux qui me connaissent seront surpris d'apprendre que je sois allée visiter tous ces endroits. Pas pour l'aspect religieux, mais bien parce que normalement cela implique d'attendre en file durant des heures durant à travers des ordres de touristes. Et ça, je ne supporte pas. 
J'ai eu la chance de visiter le Saint-Sépulcre, principal lieu saint des chrétiens du monde entier, grâce à Fadi... Et à mon éternelle sociabilité !
Fadi, c'est un palestinien chrétien (eh oui! Yen a!) qui tenait une petite boutique près de l'entrée du Saint-Sépulcre. (Notez que j'ignorais qu'il s'agissait d'une entrée de l'église... Piètre touriste perdue que je suis!) je me suis mise à jaser avec lui et à déconner sur toutes sortes de sujets. Je l'ai aidé à installer son kiosque et il m'a offert le thé. Nous avons parlé.  Quand il s'est rendu compte que je ne savais même pas que le lieu Saint était à côté, il n'en revenait pas et il m'a inviter à le suivre. 
C'était génial. Il en connaissait tous les recoins. Il connaissait les raccourcis, les petits passages secrets et même les prêtes orthodoxes qui gèrent l'affluence touristique (et ramasse le cash!). 
Il m'a fait passer partout. Je n'ai attendu dans aucune file! Ici, ceux qui me connaissent me reconnaîtront!! ;-)
Merci Fadi! Voyez... C'est payant de faire confiance aux gens et de prendre le temps de leur parler surtout. 
Fadi
Fadi est natif de Jerusalem. Il vient de sortir de prison. Il avait été enfermé durant 7 ans pour s'être battu contre des policiers. Il doit avoir ses tords, c'est certain... Mais la, il a décidé de se reprendre en mains... De ne plus se fâcher contre la police... Mais il dit que ce n'est pas facile! 

Monday, May 27, 2013

Premiers pas en ville Sainte

Je ne suis arrivée qu'en fin d'après-midi à Jérusalem. Je n'ai donc pas eu le temps de bien m'imprégner de l'ambiance de la ville sainte. Je suis néanmoins allée faire une petite incursion dans la vieille ville, mais c'est demain que j'y passerai la journée. J'ai tout de même eu l'occasion d'aller au mur des lamentations (lieu sacré pour les juifs) durant la prière et, une heure après, j'ai entendu l'appel à la prière du muezzin du "Dome of the rock", la magnifique mosquée qui symbolise la vieille ville de Jérusalem. Il ne manquaient que les cloches du Saint-Sépulcre pour que les trois religions qui cohabitent au coeur de cette ville exceptionnelle, ne se soient fait entendre.

Mais je serai en mesure de vous en conter plus demain. D'ici là, je vous laisse tout de même sur quelques images...
La porte de Jaffa. Une des entrées dans l'enceinte de la vieille ville de Jérusalem.
The dôme of the rock, vu d'un toit voisin au coucher du soleil.
Les hommes juifs lors de la prière aux abords du mur des lamentations.
Les femmes prient du côté du mur qui leur est réservé. Il y a un grand panneau noir qui sépare les deux côtés du mur. Dans les fissures de la roche, elles placent des prières inscritent sur des petits bouts de papier.
Premier repas traditionnel que je mange depuis mon arrivée! De l'hummous apprêté de façon israélienne. Dans des bols avec des "topping" de légumes grillés et du pain. Délicieux!
Ma première image de Jérusalem en arrivant dans la ville... Pas tout à fait l'image que j'avais en tête lorsque j'imaginais la "ville Sainte"!